Qu’est ce que le VIH ?

 

Le VIH signifie Virus de l’Immunodéficience Humaine. L’immunodéficience est l’affaiblissement du système immunitaire, le système de défense de l’organisme contre les infections diverses dues aux bactéries, virus, etc.

 

Ainsi, chez une personne atteinte par le VIH, l’organisme risque de devenir plus fragile face à l’agression de certains microorganismes pathogènes. Ces microorganismes peuvent être responsables de maladies bénignes telles que la grippe mais aussi de maladies qu’on appelle « opportunistes » parce qu’elles se développent uniquement quand le système immunitaire est très affaibli (pneumocystose : infection des poumons, sarcome de Kaposi : cancer spécifique de la peau, etc.). Lorsque ces maladies opportunistes apparaissent, on dit que la personne est malade du SIDA (Syndrome d’ImmunoDéficience Acquis).

 

Le suivi médical et les traitements anti-VIH ont pour but (pour l’instant) d’éviter l’affaiblissement du système immunitaire, d’empêcher le développement du sida et de permettre ainsi à la personne atteinte par le VIH de rester en bonne santé.

 

Qu’est ce qu’être séropositif ?

 

Etre séropositif signifie être porteur d’anticorps spécifique pour une infection donnée. Donc, être séropositif pour le VIH signifie qu’on a dans le sang des anticorps contre le VIH. Ces anticorps sont fabriqués par l’organisme pour lutter contre ce virus. Ils apparaissent dans les trois mois qui suivent la contamination. On les détecte grâce au test de dépistage dit ELISA.

 

Etre séropositif pour le VIH signifie donc que l’on est contaminé par le VIH mais en aucun cas que l’on a le SIDA

 

Lorsqu’on vient d’être contaminé, on est dans une période appelée primo-infection. Cette période correspond aux premières semaines qui suivent la contamination par le VIH. Environ une personne sur deux, développe des symptômes qui ressemblent aux effets ressentis en cas de grippe : fièvre, courbature, maux de tête, etc.

 

Le système immunitaire

 

Le système immunitaire protège le corps contre les maladies et les infections. Cette protection fait appel à diverses cellules généralement appelées globules blancs. Les lymphocytes sont un type important de globules blancs : il en existe deux grandes familles : les lymphocytes B (comme Bone car ils sont fabriqués dans la moelle osseuse (bone en anglais) et les lymphocytes T (comme Thymus) car même s’ils sont également fabriqués par la moelle osseuse, ils subissent une différenciation dans le thymus).

 

 Les lymphocytes B protègent l’organisme contre les microbes en fabriquant des substances appelées anticorps qui vont se « coller » au microbe et l’empêcher d’agir.

 

Parmi les lymphocytes T, les lymphocytes CD4 ou auxiliaires, plus généralement appelés lymphocytes T4, organisent et activent les autres cellules immunitaires telles que les macrophages ou même encore certaines protéines particulières appelées protéines du Complément. On compare souvent le rôle des lymphocytes T4 à celui d’un « chef d’orchestre ». Les lymphocytes T - CD8 ou T8 détruisent les cellules infectées ou malades par le mécanisme de la phagocytose (enveloppement et « étouffement » du microbe rencontré). Ce sont les lymphocytes cytotoxiques.

 

Les lymphocytes sont surtout présents dans le sang et dans les organes appelés ganglions lymphatiques. Ces ganglions ont la taille d’un haricot ou d’une bille et sont répartis un peu partout dans l’organisme (on peut en palper quelques-uns uns sous les bras ou en haut des cuisses). Les ganglions servent de « mémoire » au système immunitaire car ils conservent chaque microbe rencontré par l’organisme. Ils conservent donc chez un séropositif au VIH un virus…ce qui pose beaucoup de problèmes dans le traitement définitif de l’infection.

 

Enfin, les macrophages sont de grosses cellules immunitaires : ils sont considérés comme les « éboueurs » de l’organisme car ils phagocytent toutes cellules étrangères à l’organisme (que ce soit un microbe ou un médicament par exemple). Ils digèrent également les déchets issus des cellules et les cellules mortes. Les macrophages agissent principalement à l’intérieur des organes et peu dans le sang.

 

Le VIH peut infecter les lymphocytes T4, les macrophages, mais pas les lymphocytes T8.

 

Comment se défend l’organisme ?

 

Le VIH s’attaque aux lymphocytes T4 et aux macrophages et les détruit. Le corps réagit en produisant des anticorps antiVIH et en fabriquant davantage de lymphocytes T4 et de macrophages. En général, le système immunitaire continue à bien fonctionner pendant plusieurs années après la contamination par le VIH. Pendant cette phase dite « asymptomatique » la personne ne présente aucun signe visible de l’infection.

 

Pourtant, au cours de cette période, le virus se multiplie très intensément et un grand nombre de lymphocytes T4 sont détruits chaque jour. Lorsqu’on ne prend pas de traitement antiVIH, le système s’affaiblit progressivement et le nombre de T4 diminue.

 

Le nombre de lymphocytes T4

 

Une personne dont le système immunitaire fonctionne bien, sans être affaibli, a habituellement 500 T4 ou plus par mm3 de sang. Actuellement, il est fortement conseillé de suivre un traitement antiVIH lorsque les T4 sont entre 500 et 350 et qu’ils ont tendance à diminuer. A partir de 200 T4/mm3 de sang, on ne parle plus de séropositif, mais de stade SIDA.

 

En dessous de 250 à 200 T4, le système immunitaire est alors très affaibli. Il est alors nécessaire de prendre, en plus du traitement antiVIH des médicaments comme le Bactrim, un antibiotique puissant destiné à éviter l’apparition de maladies opportunistes.

 

On considère également qu’une personne qui déclare une maladie opportuniste spécifique du VIH (pneumocystose, sarcome de Kaposi…) est classée définitivement en stade SIDA, quel que soit le nombre de ses lymphocytes T4.

 

La charge virale

 

Plus le VIH se multiplie dans l’organisme, plus la charge virale (la quantité de virus dans le sang ou virémie) est élevée. Une charge virale élevée indique un risque d’évolution de l’infection par le VIH et de baisse des T4.

 

La charge virale est mesurée en nombre de copies (par exemple 10 000 copies/ml de sang). Une charge virale est dite « indétectable » lorsqu’elle est tellement faible que les tests utilisés actuellement ne peuvent pas le mesurer (généralement en dessous de 50 copies/ml).

 

ATTENTION : avoir une charge virale indétectable ne signifie pas qu’il n’y a plus de VIH dans l’organisme...

 

En effet, il en reste toujours un peu, et il ne faut pas oublier les « réserves » des ganglions.

 

Il est habituel que le nombre de T4 et la charge virale varient légèrement d’un bilan sanguin à l’autre. Ils peuvent aussi être modifiés lors d’une infection (grippe par exemple) ou d’une vaccination : ils reviennent ensuite à des valeurs habituelles. Cependant, une variation importante des T4 ou de la charge virale doit toujours être vérifiée par une deuxième mesure.

 

Pourquoi prendre des médicaments antiVIH ?

 

La meilleure façon de combattre le virus est de l’empêcher de se multiplier. C’est ce que font les médicaments antiVIH dont on dispose actuellement. On peut séparer deux classes de médicaments : les antiviraux qui empêchent l’intégration du virus dans les cellules hôtes (lymphocyte T4 et macrophages) et les antiprotéases qui empêchent la fabrication des protéines virales. Le traitement antiVIH doit abaisser la charge virale en la rendant si possible indétectable mais aussi et surtout permettre au patient de conserver un taux de lymphocytes T4 maximal.

 

Pour que le traitement antiVIH soit le plus efficace possible, il est recommandé de le commencer avant de déclarer une maladie opportuniste ou avant de voir son taux de lymphocytes T4 baisser en dessous des 200/mm3 de sang. C’est pourquoi aujourd’hui beaucoup de personnes infectées par le VIH prennent un traitement alors qu’elles se sentent en « bonne santé ».

 

Cependant, le début de traitement est très rarement une urgence : il est important de bien s’informer auprès de son médecin, afin de se préparer avant de commencer un traitement antiVIH.

 

Les médicaments sont des substances chimiques. Une fois dans l’organisme, ces substances sont progressivement détruites et éliminées. Aussi, est-il important de prendre ses médicaments de façon régulière : cela permet de maintenir un taux de substances actives en quantité suffisante pour obtenir une action efficace sur le VIH.

 

Chaque médicament est différent, certains peuvent être pris une seule fois par jour, d’autres 2 ou 3 fois par jour. Il est vraiment très important de respecter le nombre de prises ainsi que l’espacement entre les prises.

 

Enfin, pour être efficace, certains médicaments comme le Videxdoivent être pris à jeun, d’autres, comme le Viracept doivent être pris pendant le repas.

 

Efficacité des traitements antiVIH

 

Les traitements actuels empêchent la multiplication du VIH, mais ne permettrent en aucun cas d’éliminer définitive le virus VIH.

 

Il est donc important de comprendre que les traitements antiVIH sont des traitements qui doivent être pris de manière régulière et continue. On ne sait pas aujourd’hui quand il sera possible (et s’il sera possible) d’arrêter la prise d’antiVIH.

 

Parmi les effets secondaires ou indésirables, certains sont sans gravité et diminue (voire disparaissent) après les premières semaines de traitement. D’autres, en revanche, sont beaucoup plus sévères (réactions cutanées nécessitant l’arrêt du traitements, lipodystrophies (gain ou perte importante de graisse suivant les médicaments)

 

Les médicaments actuels sont efficaces mais le VIH n’est pas facile à combattre. Parfois il peut se transformer et échapper à l’action des médicaments. On parle alors de virus résistant (à un ou plusieurs médicaments).

 

Lorsqu’on prend un traitement, pour éviter l’apparition de virus résistants, la meilleure méthode consiste à diminuer au maximum la charge virale : plus elle est faible, moins il y a de risque de voir apparaître un virus résistant.

 

Dernière mise à jour le 15 septembre 2009